J'écoute : "Tangentes" sur Radio Liban
Je lis : "lettres a un jeune poete" de Rainer Maria Rilke
Je joue : pas
Je mange : peu et mal
Je bois : "diet"
Je pense : à demain
Je rêve : de paix pour le Liban
(mis à jour mardi 9 octobre 2007 à 17:00)

27/11/2008

27/11/08 - 06:06

Hummm, Hummm, les garçons dans les vestiaires…

"Les garçons, ont dit-on, des mœurs singulières, dans les vestiaires…."
Les douches du club de gym que je fréquente sont désormais devenues pour moi un fort intéressant terrain d’étude pour le compte du C.P.C. (Comité de Protection des Choupinous). En effet, comme chacun le sait, le choupinou, pour entretenir son corps, fait du sport.
Après avoir tout donné dans la classe de « Body Attack » ou bien après avoir soulever beaucoup de fonte dans la salle de muscu, le choupinou aime se détendre et prendre soin de son corps dans les vestiaires. Comme les grands fauves qui se rassemblent au coucher du soleil autour du point d’eau dans la savane, il y a des heures plus propices que d’autres à l’observation de certains phénomènes que je veux exposer ici.



En semaine, sur les coups de 20h-20h30, le choupinou sportif se sent l’âme d’un prédateur. Une fois qu’il a repéré sa proie, c’est sournoisement qu’il tente de s’en approcher. Son lieu de prédilection d’attaque, c’est le sauna steam (ou Hammam). Ceint d’une petite serviette blanche, il entre dans le bain de vapeur et s’installe en face de vous, les jambes écartées, exhibant la partie la plus charnue de son anatomie. A ce stade, on ne veut pas se méprendre et l’on ne pense pas à mal. On se dit que le choupinou se met à l’aise, rien d’ostentatoire dans tout ça… mais après quelques minutes de transpiration, les choses se corsent. Le susdit (ou suce-dit, c’est selon) choupinou se met à caresser popaul et à vous fixer (pas dans les yeux) pour voir si vous êtes bien réceptif à ses signaux. Selon votre réaction (la mienne étant le plus souvent positive pour ne pas contrarier le choupinou) s’ensuit une sorte de parade frénétique qui vous mène du Hammam aux douches, des douches au sauna… le plus difficile (enfin pour moi) c’est de cacher une érection sous quelques centimètres de tissus éponge blanc. L’épilogue est plus ou moins heureux selon que le choupinou offre de vous ramener à la maison pour « prendre un verre » ou que vous vous retrouviez abandonné comme une pauvresse avec votre savonnette pour seule compagne.
Le samedi après midi, c’est un peu différent. Le choupinou est plus detentdu, il prend son temps et ne rechigne pas à consommer sur place. L’endroit est généralement quasiment désert. Il est plus facile de s’isoler pour quelques minutes histoire de décharger le stress accumulé durant la semaine.
Comme tu le vois cher lecteur et sympathisant du C.P.C. le choupinou beyrouthin est entre de bonnes mains !

26/11/2008

26/11/08 - 14:49

Histoire de processus

Depuis quelque temps mon processus de pédétisation connait une progression assez troublante.
Je me suis toujours considéré (depuis 4 ans que j’assume mon homosexualité) comme « hors milieu ». Loin de moi l’idée de me cacher derrière un comportement « straight » pour tromper mon monde ou dénigrer la communauté. Non, je considère simplement que ma sexualité, quelle qu’elle soit ne concerne que moi.
Un rapide regard en arrière permet de voir le chemin parcouru depuis septembre 2004, date de mon retour au Liban, point de départ d’un processus visant devenir pleinement ce que je suis.
Ainsi donc, au lendemain de mon trentième anniversaire, sur les conseils avisés d’Antoine, ma première démarche fut de m’inscrire sur un site de rencontre pour garçons. Celle-ci fut suivie de près par une inscription sur GA. Après quelques mois d’errances cybernétiques, de rencontres foireuses, je suis entré dans une période, que je considère comme initiatique. Un espace temps qu’on pourrait qualifier « d’adolescence sexuelle ». Temps consacré aux plancultages divers et variés avec quelques belles rencontres.
Puis, ma vie professionnelle m’amena, il y a un an de cela, à déménager dans le centre de la capitale. Cette mutation marque le début de la période « pédé urbain ». On m’invite plus souvent à boire des verres dans des bars branchés ou gay friendly de Beyrouth Est. Ces sorties nocturnes ne me mettent pas toujours à l’aise mais après deux mojitos, tout va mieux…





Sur les encouragements de l’un ou l’autres de mes partenaires (à moins que ce ne soient quelques remarques désobligeantes) sur ma maigreur au moment de me rhabiller, j’ai décidé, il y a 8 mois, de m’inscrire dans un club de sport. Depuis j’entretiens une relation presque fusionnelle avec mon coach. Dans les vestiaires et au sauna du club, je suis parfois la cible de regards de convoitise et il m’arrive même de subir les assauts de culturistes très chauds.
Fidèle lecteur, tu te demanderas bien ce que tout cela signifie… eh bien, mine de rien le Fred, si on regarde dans le rétro viseur, on constatera qu’il a fait un sacré bout de chemin.
Il lui reste le plus dur à faire à présent.
Un bout de chemin à deux…

30/10/2008

30/10/08 - 22:49

Palace...

C’est désormais devenu presque une habitude, après le travail, mercredi soir je me suis rendu à l’hôtel Phenicia. Nos hotes de marque arrivaient tout juste d’une folle équipée à Baalbek. J’ai retrouvé Tony, Nina la maquilleuse, et Catherine dans le Lounge de hôtel Ils avaient les bras chargés de paquets. Une folie acheteuse s’est emparée de l’actrice. Malgré la fatigue d’une journée riche en émotions, la fine équipe affiche un sourire radieux. J’ai droit à la bise aujourd’hui encore. Dans l’ascenseur qui nous conduit aux chambres, nous évoquons l’ambiance désuète et charmante de hôtel Zenobia situé en face du site archéologique du temple de Jupiter. Devant la porte de sa suite nous tardons à nous quitter… il faut pourtant y aller, son coiffeur sera là dans 30 minutes. Avec Tony, nous décidons de sortir prendre un verre dans un pub gay friendly du quartier Clemenceau. Il est très tôt, le bar est presque vide quand nous arrivons. Nous sirotons un Mojito tout en évaluant le « potentiel » de chacun des mâles présents dans la salle. Mais le cœur n’y est pas vraiment, une certaine tristesse nous envahit. Demain, il rentre à Paris. La parenthèse dorée va se refermer. La vie de Palace, ce sera terminé. L’aventure débutée une nuit de Juillet 2006 est belle et bien finie. De cette guerre insensée et meurtrière sont nées un film, des rencontres, des amitiés… le miracle libanais une fois de plus s’est accompli…



Je raccompagne Antoine à l’entrée de l’hôtel. Les grooms s’agitent autour de la Noria des voitures de luxe. Dernière accolade chargée d’émotion. Qui sait où et quand nous nous reverrons…

30/10/08 - 07:04

Folle soirée !


Lundi soir, après une journée de travail absolument sans relief, j’ai rejoint Antoine à l’hôtel Phénicia pour boire une bière dans le Lounge. Nous avons parlé à bâtons rompus comme d’habitude. Sautant du coq à l’âne, mattant les gardes du corps de l’ambassadeur d’Espagne ou les petits saoudiens en goguette…
Vers 20h30, alors qu’Antoine regagnait sa chambre pour se préparer avant le dîner, John m’a récupéré à la sortie du Phénicia pour un plan vite fait à la maison. Nous sommes rentrés en contact par le biais d’Internet ce week-end sur un site international de rencontre « pour nous les hommes ». Il doit avoir 20 ans et fait sa deuxième année de business à l’Université Américaine. Je ne m’explique pas pourquoi mais dans les premiers instants, comme il me l`a fait remarquer, j’étais tout intimidé. Il faut dire pour ma défense qu’il avait défini lors de nos conversations cybernétiques quelques exigences sur le déroulement de notre rencontre. C’est idiot mais j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Je crois que c’est sa voiture, son sourire, sa décontraction, son assurance et son corps de rêve qui ont fait tomber toutes mes défenses. Ce n’est pas souvent que ce genre de garçon m’accorde audience. Nous avons partagé quelque chose de très sensuel. Malheureusement, il était fatigué et disposait de peu de temps. Ça s’est fini très vite (euphémisme pour dire qu’il a jouit assez rapidement) et c’est à regret que je l’ai laissé repartir.




Après qu’il fut parti et que je me fus douché et rhabillé, je me suis rendu à la soirée organisée par le producteur, en l’honneur de Catherine et de la sortie du film. Dans trois salons, éclairés à la bougie, d’une maison bourgeoise digne d’un décor de Visconti, dans la nuit zébrée d’éclairs, autour d’un buffet aux mets succulents, je me retrouve au milieu d’une cinquantaine d’invités triés sur le volet ; hommes d’affaire cinéphiles, Desperates Housewives beyrouthines… Gros cigares et robes de créateurs… Bijoux de la place Vendôme et champagne français à volonté…
L’impression d’atterrir sur une autre planète est très vite dissipée par une coupe de champ’ et la présence apaisante d’Antoine. Il me présente aux journalistes chargés de suivre le voyage de Catherine. Jean travaille pour ce magazine qui dicte la branchouille-attitude aux parisiens. Il est gentil, peut être un peu trop timide. Il s’intéresse surtout à la vie gay à Beyrouth. Je lâche négligemment quelques infos croustillantes sur les us et coutumes du pays mais pas question que je lui file le numéro d’un de mes sex-partners. Avec Charles, journaliste/écrivain vedette d’un hebdo national, la discussion vole un peu plus haut. En plus d’échanges de points de vue intéressants sur son expérience du Liban, nous discutons avec passion des « avantages et inconvénients » de la religion Orthodoxe et de liturgie byzantine.
La soirée s’écoule en douceur. Les gens sont heureux, grisés. En filigrane, je m’assois sur le canapé à coté de Catherine. Nos échanges sont cordiaux et détendus. Elle est passionnée par le monde des bijoux et des belles pierres… Je peux me leurrer mais le courant passe bien entre nous. C’est comme de tailler une bavette avec une copine de maman.
Vers une heure du mat’, entre deux averses, je rentre à la maison puis traîne un peu sur le net.
Couché à 2 heures, levé à 7, je tiens encore debout, mais cela ne va pas arranger ma mine de papier mâché.

28/10/2008

28/10/08 - 20:49

Parenthèse dorée


Soirée tapis rouge dimanche soir au cinéma Sofil pour la présentation de « Je veux voir » au public beyrouthin. Le sommet de cette soirée, ce fut avant tout la joie de pouvoir partager ce moment extraordinaire avec Antoine. Le temps d’une accolade, quelle émotion de sentir tout le stress et la fatigue qu’il a investis dans ce projet depuis Juillet 2006 s’envoler pour ne laisser place qu’à la joie du devoir accompli. Revoir Catherine D. à Beyrouth, côtoyer des gens avec qui j’ai partagé un peu de cette aventure lors du tournage en Mai 2007, voir mon nom au générique… c’était un moment vraiment magique.
Dans les jours qui viennent, je prolongerai un peu cet instant d’éternité en retrouvant Antoine le soir à son hôtel. Autour d’un verre, parler de tout et de rien, lui changer les idées, lui qui doit gérer l’emploi du temps de Mademoiselle D., les interviews et les conférences de presse, les visites sur les sites historiques et les dîners dans les grands restaurants…




Parenthèse dorée dans la grisaille de mon quotidien.
Laisser, pour quelques jours, mon coach et les choupinous de coté…

17/10/2008

17/10/08 - 17:51

Come-back sans coming-out

J’ai le sentiment d’avoir traversé la semaine écoulée à la vitesse de la lumière et qu’au bout de ce tunnel spatio-temporel mon cerveau est tout imprégné de bribes de sentiments confus, de rires et de larmes, de douceurs et de frustrations.

Contrairement à ce cher Gaien http://blog.cytokeratine.gayattitude.com/ croisé sur la ligne aérienne Paris-Beyrouth, à 10000 mètres d’altitude, au dessus des plaines de Skopje, mon coming-out, un temps envisagé, n’a pas eu lieu. Il faut dire que le moment n’était pas vraiment propice à ce genre d’aveu. Je n’ai pas osé souiller la joie de Maman – dont le divorce avec mon père a été prononcé il y a quelques mois – bouleversée de voir l’aîné de ses fils prendre Virginie pour épouse au pied de l’autel.
Et puis c’était la première fois que je jouais le rôle de frère du marié. J’avais sorti mon costume de bogoss et mon plus beau sourire. Mais ça ne fait pas tout… moi qui pensais faire partie des 75% de demoiselles d’honneur qui trouvent l’homme de leur vie au cours d’un mariage, c’est râpé…

Autre coup manqué, ma rencontre avec Davy. Ça faisait plusieurs mois qu’on échangeait amicalement, des heures durant, sur MSN, le courant passait plutôt bien, il me demandait souvent si je n’envisageais pas sérieusement de revenir en France…
Sans être glaciale, notre rencontre a été très formelle. Avec le recul, je pense qu’il s’agit là de ce qu’on appelle couramment un « râteau ».





Ma seule consolation, je l’ai eu en arrivant à la maison, à Beyrouth. Sur la table du salon, accompagnées d’un petit mot, deux bouteilles de vin : le cadeau d’Adieu d’Eric à qui j’avais laissé les clefs de mon appartement pendant mon absence.
Cette petite note écrite à la hâte, je l’ai lu et relu.

Frederic,
Thank you very much for letting me use your place.
Here is my number in Miami: 305 490 22 …
Hope to see you one day
Big hug
Eric

En lisant entre les lignes, on peut comprendre que ma maison a servi de studio photo durant mon absence. Le temps d’un instant, j’ai ressenti la présence furtive d’Eric et de son modèle ; les positions lascives corrigées par la voie profonde du photographe.
Nous ne nous reverrons sûrement jamais « one day ». Je garderai juste en mémoire la joie d’avoir partagé quelques instant de la vie d’un de ces garçons que l’on ne voit que dans les films.

Si tu es de passage sur GA, ces mots sont pour toi: Bon vent Eric. Take good care…

07/10/2008

07/10/08 - 17:32

Kaliméro Attitude


Il s’appelle Eric.
Il a la trentaine sereine.
Il arrive de Floride, mais passe la moitié de l’année au Bahamas.
Il est musclé sans excès. Sa peau est doucement bronzée…
Dans une boite de nuit bondée et à peine éclairée, vous pouvez pas le manquer… c’est le plus sexy, le plus souriant, le mieux monté (enfin c’est ce que ses formes laissent deviner), aux fessiers les plus fermes.
Son sourire est doux, ses yeux rieurs, sa voix grave.
Sa beauté sculpturale peut laisser croire qu’il est superficiel et inaccessible, que nenni, c’est un garçon attentif, à l’intelligence vive. D’origine tchèque, il a la simplicité des gens du sud des Etats-Unis et une sensibilité à fleur de peau.




Eh bien, cher Gaïen, toi qui te morfonds dans ton petit appart parisien, toi qui ne supportes plus le bruit de la chaise de ton voisin qui traîne sur le sol de sa cuisine, toi qui bondis dans ton lit chaque fois que la fille d’à coté claque la porte d’entrée quand elle rentre à deux heures du matin, oui toi, cher lecteur, saches que Eric est mon voisin, qu’il me rend visite régulièrement après le coucher du soleil, que nous passons ensemble de longues soirées sur la terrasse, sous la lune, face à la mer, qu’il me raconte avec passion les aventures qui ont jalonné sa vie, qu’il s’assied tout près de moi pour me montrer son travail de photographe, qu’il me décrit en détail les clichés qu’il prépare pour sa prochaine exposition sur la sensualité des garçons du Moyen Orient.
Cette amitié particulière avec ce garçon tout droit sorti d’une publicité pour Aber Crombie & Ficht, c’est un peu comme un rêve…
Mais je vais bientôt me réveiller. Demain je m’envole pour la France. Sept jours, montre en main, entre Paris et Nantes… comme dans un mauvais rêve, retrouver Paris et sa grisaille, les parisiens et leurs grises mines, la famille et ses non-dits…
A mon retour, Eric sera reparti sous des cieux plus cléments.
La vie… c’est vraiment trop injuste !

08/09/2008

08/09/08 - 20:18

Week-end en mi-teinte

J’ai choppé une mauvaise crève.
H. est venu de Damas passer le week-end à la maison.
Accueillir un amant à la maison pour plus que la durée d’un plan cul, ce fut une première pour moi.
C’est un gentil garçon. Mais son jeune age, son système pileux super développé et une certaine mollesse de caractère ont rapidement fait de ce week-end un pensum…
A plusieurs reprises, je me suis surpris à imaginer que c’était Boutros ou Moe qui avait fait le voyage de Damas a sa place.
Heureusement, il n’a pas été trop exigent. Il s’est plié docilement à mes propositions de sorties.
Vendredi, j’ai reçu R. et A. à dîner. R. est toujours aussi séduisant et A. amusant. Ils essaient d’observer consciencieusement les exigences de Ramadan. Un exercice qui semble plus difficile à vivre pour A. que pour son conjoint.
Samedi matin, après une nuit chaude et un peu agitée. Nous sommes partis doucement à l’ABC.
Passage à la maison vers 13h pour prendre nos maillots de bain puis nous partons en direction de Saifi, déjeuner chez Paul.
Puis direction le club de gym pour une séance de natation/jacuzzi/sauna…
Retour rapide a la maison a 18h30, pour être sur de ne pas rater le passage de M. Sa présence est si douce. Il se dégage une énergie et une douceur de cette fille. C’est sur, elle va me manquer…
Il est 20h30, quand nous partons dîner au Bardo. Pas grand monde au départ puis sur le coup de 22h30, arrivages successifs de garçons tous plus sexy les uns que les autres. Quelques visages ou silhouettes connus. Notre couple, qui n’en est pas un, me fait un peu honte. Je ne suis vraiment pas dans mon élément. Nous rentrons vers 23h30. Une dernière étreinte avant de dormir.
Je suis épuisé et repu de sexe. Il est midi quand j’émerge enfin. La présence de H. commence à me peser. Je mets de la distance entre nous. Mon visage se ferme. Mon coté ours reprend le dessus. Je ne suis sûrement pas fait pour la vie a deux.
Il est 16h30 quand je lui dis au revoir sur le bord de l’autostrade. Il va passer la soirée chez sa tante à la montagne. Mon week-end commence enfin. Sentiment de liberté et de quiétude à se retrouver enfin seul. De retour à la maison, je reprends mes cyber-conversations, beaucoup plus distantes, sans engagement, aseptisées…
La semaine au bureau s’annonce d’un ennui mortel. Je vais sans doute en profiter pour avancer dans la préparation de mes cours...

Ma vie c’est vraiment trop de la merde…

05/08/2008

05/08/08 - 17:41

Un amour de vacances

Cet été, je ne suis ni juilletiste, ni aoûtien… et c’est très bien ainsi !
Je n’ai pas de vacances…. Et c’est tant mieux !
Pas de bagages à faire, d’avion à prendre, de TGV à réserver…
Aussi, pour que l’été paraisse moins long, il faut bien s’occuper, trouver la panacée aux jeux de plage, aux amours de vacances…

La capitale libanaise est, ces jours- ci, pleine comme un œuf. Un impressionnant contingent de libanais de la diaspora a envahit les rues de Beyrouth et les plages de sable fin du nord et du sud du pays… La faune masculine est complètement renouvelée. De nouveaux visages et de nouveaux corps font leur apparition un peu partout. Mais la rencontre de cet été s’est faite là où je ne l’attendais pas…

Il y a un peu plus d’un mois, ça a commencé par un « Slt » dans la messagerie d’un site de rencontre pour « nous les hommes ». Ses photos montraient un garçon bien de sa personne, avec un physique avantageux. Le courant est vite passé entre nous. Mi- doux, mi dur, il a su m’émouvoir et me faire rire. Jusque tard dans la nuit nous conversons, découvrons de nouvelles facettes, partageons nos points de vue sur la politique internationale au Moyen orient. Il faut dire que sur ce sujet, on a pas mal de points communs. Sa maman est libanaise et son papa égyptien. Son regard sur Israël est assez intransigeant. Je le laisse dire…

Au fil de nos tchats, je sens que je m’attache. Qu’un lien est en train de se tisser. Les mots se font plus doux, les conversations deviennent très personnelles, voire intimes…
Cependant, la probabilité que nous vivions une belle histoire est mince passions le reste de nos jours ensemble est quasiment improbable. C’est sans doute là le propre des amours de vacances. On goûte aux joies éphémères qu’elles procurent. On échange serments et promesses… et puis quand arrivent les mauvais jours de l’automne, tout s’estompe comme on perd son bronzage…

Rappel important à l’attention de tous nos membres du CPC. Veillez attentivement à ce que les choupinous s’enduisent de crème solaire avant toute exposition. Pour cela, il ne faut pas hésiter à payer de sa personne en prenant soin d’étaler vous-mêmes une bonne couche d’écran total sur leurs épaules charnues. A bon entendeur…

15/07/2008

15/07/08 - 23:11

Soirée à l’ambassade

Alors qu`à Paris toute la Méditerranée est sur les Champs Elysées. Sur les bords de la grande bleue, dans la plus belle ambassade de France du monde, on se croirait à Paris. En effet, m’est avis que les français au Liban reçus à la Résidence des Pins n’ont rien à envier à leurs concitoyens invités à la Garden Party de l’Elysée.
Il me faut tout d’abord vous parler du cadre. L’ambassadeur de France vit et nous reçoit dans le palais de l’ancien gouverneur de France. C’est une demeure de la fin du 19eme siècle, un palais en marbre et pierres ocres dans le plus pur style ottoman. Bâtiment historique par excellence, cette demeure a accueilli le général de Gaulle, échappé aux affres de la guerre civile, à l’invasion de l’armée israélienne, et possède aujourd’hui une magnifique piscine.
Le buffet qui nous est servi après le discours du tout nouvel ambassadeur n’aura pas coûté bien cher au contribuable. En effet depuis que les budgets des ambassades ont été drastiquement réduits, les chancelleries peuvent faire appel à des sponsors. Cette année encore les caves de K***, la brasserie A*** et quelques autres nous ont gâté. Dîner « wine & cheese » à volonté, ça nous change du hommos…
Gâtés nous le fûmes également par la présence d’un gracieux contingent de casques bleus ainsi qu’une délégation fort appétissante de marins de la frégate Lafayette. Avec ou sans uniforme, ils sont absolument craquants. Tout en muscles, peau hâlée… On peut regarder mais pas toucher !
Après quelques verres, il fait très chaud sous les pins. L’orchestre des Forces de Sécurité Intérieure joue trop fort « Auprès de ma blonde ». Je tiens des propos un peu incohérents sur l’influence du mandat français sur la gastronomie libanaise avec un britano-suisse charmant… mais marié.
Puis vient l’heure où un garde du corps nous informe que la soirée est terminée. Il est 21h30. Je termine ma coupe. Quelques amis coopérants particulièrement éméchés essaient de sortir une douzaine de bières pour prolonger la fête au dehors. Les gardes de l’entrée les dessaisissent de leur larcin. On se retrouve dans la rue. On échange nos cartes de visite. Je partage mon taxi-service avec Sophie. Elle rejoint Jean, son bel amant.
Pour mon sixième 14 juillet au Liban, le miracle attendu n’a pas eu lieu. Je me retrouve seul sous la moustiquaire. Je pense à tous nos choupinous. Pourvu qu’ils n’aient pas trop chaud cette nuit…


16/06/2008

16/06/08 - 19:31

Embouteillage affectif

Enfin, ça y ressemble…
Je suis aussi incrédule que toi cher lecteur en publiant ceci…
Ça se bouscule à mon portillon !
Depuis quelques jours, je fais face à une série de situations tout à fait inhabituelles… mes boites aux lettres sur les sites de rencontre pour garçons que tu connais bien s’emplissent de messages enflammés…
Loulou décroche son téléphone en plein examen pour me dire qu’il pense à moi…
Ali n’arrête pas de me dire qu’il me trouve sexy, que sa langue adore ma peau (« une peau de français ») même si elle est trop blanche à son goût…
Karim m’embrasse sur la terrasse sous les étoiles, se donne à moi sans réserve, m’offre une nuit de folie…
Raschad, au pied levé, après une heure de chatting, accepte de venir passer une soirée à la maison où l’on parle comme deux vieilles copines…
Je ne m’explique pas ce printemps de rencontre, ce feu d’artifice d’émotions, ce rush de sentiments...
Cependant, je ne me leurre pas. De ces histoires qui commencent simultanément que restera t’il dans un mois, une semaine, un jour…



Loulou s’en va poursuivre ses études à HEC Genève à la rentrée prochaine…
Ali, étudiant en oncologie pédiatrique, si jeune et déjà si brillant, retourne à Moscou dans 33 jours…
Karim est un électron libre. Il serait vain d’essayer de le retenir…
Raschad est avec Aymann depuis un an et demi. Ils forment un joli couple que je ne m’autoriserai pas gangrener.
Une fois de plus la partie est perdue d’avance.
Une seule chose à faire, se saouler de tous ces baisers, vivre l’instant présent comme si c’était le dernier jour du reste de nos vies… et laisser les choupinous passer un doux été à l’ombre des palmiers.

08/06/2008

08/06/08 - 18:57

Voyage consensuel...

Je ne suis pas du type con-sensuel…
La politique est une chose trop sérieuse pour qu’on s’en moque. Les clivages politiques sont depuis l’avènement du régime parlementaire un moyen de faire avancer les idées.
Dans une vie antérieure, j’ai même été encarté dans un parti aux idées souverainistes. Erreur de jeunesse ou pas, je suis désormais plus sensible aux idées sociales démocrates.
De fait, le con-sans-suce ne me satisfait que rarement. Chaque parti a sa place dans le paysage politique français et ainsi les troupeaux sont bien gardés…

Cependant, il est des images/symboles qui font chaud au cœur… et la France nous en a offert une très belle hier. Voir cote à cote tous les leaders politiques de notre beau pays - de l’UMP au PC en passant par le MODEM et les Radicaux - sur le tarmac de l’aéroport de International de Beyrouth, ça c’est beau !
Réunis à l’initiative de notre (na-)beau président pour signifier au peuple libanais que la France dans toutes ses composantes, ses sensibilités soutient la renaissance d’un pays qui n’a que trop souffert de trente années de combats, d’occupations, de kidnappings, d’attentats, de crises politiques…
Ce charter politique pour le Liban aura eu un double mérite. Montrer au peuple libanais et au monde que les liens qui unissent la France au pays des Cèdres sont solides. Et peut-être, ce qu’à Dieu ne plaise, que la classe politique française savait faire tomber le temps d’un jour les querelles de toujours …




Que les membres du CPC se rassurent… nos choupinous levantins se portent bien. On les voit sur les plages, aux terrasses des cafés, dans les centres commerciaux… ils font du sport, s’hydratent convenablement, mangent 5 fruits ou légumes par jour… toutefois, l’un ou l’autre des choupinous (dont j’ai la responsabilité) sont, ce week-end, alités. On ne prend pas assez en considération les méfaits de l’air conditionné. Les chauds et froids font des ravages sur leurs jeunes corps souvent peu couverts…
Je suis partisan de maintenir tous ces jolis organismes dans une température ambiante proche de 25 degrés. Peu ou pas couvert, le choupinou évolue sans contrainte et sans risque de chopper un mauvais virus…

25/05/2008

25/05/08 - 16:44

Ça c’est fait…

Ce jour, dimanche 25 mai 2008, à 17h30, heure locale, avec 118 voix sur 124 exprimées par les députés de l’Assemblée Nationale libanaise, le général Michel Sleimane vient d’être élu Président de la République du Liban.
Des tirs de joie, des feux d'artifice, envahissent à présent le ciel de la capitale et le pays tout entier !
Tout le monde est euphorique.
Une nouvelle page de paix, d’espoir et de prospérité s’ouvre aujourd’hui au Liban.
Pourvu que ça dure!

Mabroooooook à tous les choupinous du pays des cèdres !


23/05/2008

23/05/08 - 20:41

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08/05/2008

08/05/08 - 22:37

Bruits de guerre...

Une nouvelle fois au Liban la situation est grave…mais pas désespérée !

La crise politique qui voit s’affronter la majorité gouvernementale (soutenue par la communauté internationale) et l’opposition pro syrienne à la tête de laquelle on retrouve le Hezbollah et le parti du Général Aoun, autour de l’élection présidentielle 18 fois reportée, semble être, depuis 24 heures, dans une nouvelle phase d’escalade. C’est en fait une manifestation organisée par la CGT libanaise dénonçant la situation économique catastrophique qui a servi de prétexte aux débordements que nous connaissons depuis hier. Le plus gros des troubles se concentrent sur les quartiers ouest (à majorité musulmane) de la capitale. Les partisans du Hezb ont mis le feu à des pneus ou déversé des gravats pour empêcher toute circulation. Les routes principales et l’aéroport de Beyrouth sont fermés. Le passage en Syrie est également contrarié. On retrouve ce sentiment d’isolement que nous avions connu lors du blocus imposé par Israël lors de la guerre de juillet 2006.

A l’heure où j’écris ceci, nous attendons une intervention télévisée du leader du Hezbollah, le cheikh Nasrallah. Lui seul, en fonction de la position syro iranienne peut décider de la suite des troubles ou leur arrêt.

Une fois de plus, on veut croire que le Liban ne va pas basculer dans une guerre civile, guerre civile qui profiterait à nos deux voisins, la Syrie et Israël et dont le Liban et libanais seraient encore une fois les grands perdants...

Concrètement, tous ces événements n’ont aucune conséquence directe sur mon quotidien. Je me rends au bureau normalement de 8h30 à 18h. Ce matin la précieuse marchandise d’un de nos magasins de Beyrouth, par précaution, a été rapatriée dans les coffres de l’atelier. Les écoles sont fermées, mais tous les commerces fonctionnent normalement (je parle là uniquement pour les quartiers chrétiens de la capitale, j’ignore complètement ce qui se passe a quelques kilomètres d’ici). Les informations qui m’en parviennent sont assez parcellaires d’une part parce que les flashs infos en français n’ont lieu qu`à certaines heures et parce que l’on nous rapporte essentiellement les propos des différents leaders politiques. L’ambassade nous a fait parvenir un message conseillant aux ressortissants français de limiter leurs déplacements. Il est clair que les medias français, une fois de plus, font dans le spectaculaire.

J’espère que grâce au beau temps qui semble s’installer sur la France vous permet de profiter pleinement de ce week-end a rallonge du 8 mai….

Affectueusement

Fred

PS à 18h30 : de retour a la maison apres ma journee de travail, on entend clairement des tirs d’armes a feu et ceux plus bruyants des lance roquettes en provenance de beyrouth ouest. L’intervention de Nasrallah a mis de l’huile sur le feu. On s’attend à une nuit agitée. On attend une décision du gouvernement qui pourrait decreter l'état d’urgence…
Espérons que les choupinous sont bien à l`abri...

29/04/2008

29/04/08 - 17:45

Week-end de Paques 2, le retour!


Cette année au Liban, nous avons donc eu droit à deux dimanche des Rameaux, deux semaines saintes, deux veillées pascales et de fait, deux lundi de paques…
Si pour le triduum pascal catholique j’avais fait des efforts pour ne pas tomber dans le stupre et la débauche, cette fois-ci, je me suis comme qui dirait… lâché…
Samedi soir, ce cher Serge (dont j’ai déjà parlé ici), nous avait convié à sa cinquième pendaison de crémaillère en moins d’un an et demi. Soirée fort amicale à caractère international, avec la présence remarquée et remarquable, d’un très beau spécimen de choupinou espagnol, bientôt estompée par l’arrivée de J-S, un architecte urgentiste absolument divin mais que personne n’a osé approcher…
Vers minuit, alors que la fête bat son plein, je me laisse mollement convaincre d’accompagner Fabrice et ses copines lesbiennes dans LA boite gay de la capitale libanaise.
Foule en délire, musique assourdissante, alcool de mauvaise qualité, choupinous en pagaille… tous les éléments de torture étaient rassemblés pour me rendre la soirée insupportable. Heureusement, Fabrice ne me lâche pas et au moment de nous quitter à 4h, je suis tout guilleret.
Grisé mais pas fatigué, je décide de marcher jusque chez moi. A quelques pas derrière moi, deux choupinous un peu éméchés m’interpellent. On échange quelques mots en arabe. Ils ne me croient pas quand je leur dis que je suis français, je leur sors mon passeport. On rigole… puis le ton de la conversation devient plus grivois, les mains s’égarent, les corps se frôlent, les gestes deviennent caresses…
L’excitation est à son comble quand nous arrivons tous les trois à la voiture de Georges. Ils proposent de me déposer. Dans la voiture, assis aux cotés de Georges, je prends « les choses en main » et leur offre de venir prendre « un dernier verre » à la maison.
En fait, ils n’ont pas vraiment soif. Et pendant que Hady prend le frais sur la terrasse qui fait face à la mer, Georges et moi nous partageons un furtif mais intense moment d’intimité. Il a un corps superbe, fin, doré…
Il me sourit gentiment en refermant son pantalon. Hady nous rejoint. Ils allument une cigarette. Nous parlons quelques instants encore, plus graves, de la situation du pays puis je les raccompagne à la porte. Je me retrouve seul dans le salon. Les reverrai-je jamais ?

Saoulé par tant d’émotions, je m’effondre sur le lit...

On sonne à la porte, je me lève péniblement. Marie vient avec Françoise fumer un narguilhé. Il est 16h ! Une migraine carabinée, m’empêche d'être sociable. Je ne pense qu’à une chose, la peau de Georges…
Le soleil se couche. Les filles s’en vont. Je retourne me coucher, assommé…

Je suis réveillé par la faim. L’étau qui torturait ma tête s’est desserré. Il est 22 h30, je me prépare un truc à manger…
Je zappe, je surfe, je lis…rien n’y fait, je ne dors pas. Y’a un truc que je ne m’explique pas : Georges me manque ! Mais comment le retrouver ? Reprendre contact avec lui ?
Mon plan est clair quand, à 6h du matin, je chausse mes baskets et sors dans la rue. Je me rends à l’endroit où 24 heures plus tôt, je suis monté dans sa voiture garée devant chez lui.
Les chances de voir mon plan parvenir à ses fins sont minimes car, même si je retrouve sa voiture dont je n’ai qu’une vague idée de la marque et du modèle, trouvera t’il le petit mot que je lui ai écris ? Aura-t-il envie de me contacter ?
Mon coeur bat très fort quand je reconnais enfin sa petite Golf. Heureusement qu’à cette heure ci personne ne me voit. Je regarde à l’intérieur de l’habitacle à la recherche d’un indice. Quelque chose qui confirmerait cette conviction intime que c’est dans cette voiture que l’aventure a commencé… je glisse un petit mot sous l’essuie glace puis reprends ma marche.



Comment vous décrire ce que je vis depuis hier… c’est une torture de ne pas avoir de ses nouvelles, un signe de vie…

Ami lecteur, tu vas trouver mon comportement bien puéril, mettons ça sur le compte de mon dévouement pour le compte du C.P.C. J’ai à cœur de veiller au bien être et à la bonne santé de nos protégés… ces choupinous qui nous conduisent parfois à penser que « la vie, c’est vraiment trop de la merde !!! »

25/04/2008

25/04/08 - 23:00

J, K, L, , N, O, P…

« J’aimerai pouvoir conjuguer ce verbe au présent.
J’aimerai pouvoir le dire tout simplement… »
Du haut de mes 34 printemps, je ressens comme une envie de poser mes valises. Mettre fin aux plans de 20 minutes. Arrêter de raccompagner les mecs à la porte après l’amour. Ne plus rencontrer de mecs dépressifs ou pas bien équilibrés…
Professionnellement, j’en ai marre là aussi de jouer les potiches. Le français dont on ne sait pas quoi faire mais qu’on garde pour faire joli parmi les meubles.
Après des années d’errances sexuelles et professionnelles, j’ai envie de prendre enfin mon envol, d’atteindre de nouveaux objectifs, de relever de nouveaux défis…
Et dans ces jours de grande lassitude, alors qu’il fait un temps superbe ici et qu’en France on se les pèle, je commence à me dire que si je revenais à Paris alors tout pourrait enfin commencer…
Mais là, c’est mal parti. Ce matin, j’ai appris que ma candidature pour un poste de chef de projet d’une grande maison de j*** parisienne vient d’être éconduite par le cabinet de recrutement suisse en charge du dossier.
Mon temps n’est pas fini ici. Il y a sans doute encore beaucoup à faire ici. Finir de sculpter mon corps, sonder les profondeurs de l’âme de mon coach, fumer des narguilhés face à la mer, poursuivre la mission du C.P.C. auprès de la population choupinesque moyen-orientale…


01/04/2008

01/04/08 - 18:07

L’objet de mon inquiétude… (2)

Ecorchée vive, son toit ne conserve que quelques tuiles rouges, la végétation a envahie son parvis, le tabernacle qui abritait les rouleaux de la Torah n’est plus qu’un placard sans âme…Il y a une semaine encore elle faisait de la résistance protégée par un petit pâté de maisons pelotonné contre ses flancs, des immeubles modestes des années 20 qui devaient accueillir une vingtaine de familles. Mais les pelleteuses ont eu raison de ce dernier rempart. La synagogue semble livrée à elle-même. Au milieu de ce qui ressemble à un champ de ruines, combien de temps va t’elle survivre encore ?

Après les raids de 1999 et la guerre de juillet 2006, mes sentiments à l’égard de nos voisins israéliens ne sont pas des plus amicaux. Les blessures qu’ils ont laissées ici sont encore vives. Je ne m’explique pas vraiment alors ce pincement au cœur chaque fois que, me rendant à mon club de gym, sis en plein cœur du centre ville, sous les fenêtres du Grand Sérail, qui abrite le les bureaux et la résidence du Premier Ministre, j’assiste impuissant à la destruction, l’enfouissement de ce lieu de culte. Voir disparaître un lieu de prière, cela m’émeut profondément. Si on en arrive là, poussés par des intérêts économiques (et donc politiques), alors cela signifie beaucoup. En premier lieu, qu’une réconciliation entre ces deux pays parait désormais plus qu’improbable… Et que par ailleurs, cette destruction risque de créer un précédent. Que demain, si les chrétiens continuent à fuir le pays, les promoteurs immobiliers peu scrupuleux n’auront aucun remords à détruire les églises du Liban. Destructions destinées à faire disparaître toute trace de la présence chrétienne sur cette terre foulée il y a deux mille ans par Jésus.

Le ton de cet article est grave mais pas désespéré. Je veux croire qu’un projet de protection et de conservation est envisagé…que les libanais chrétiens et musulmans des générations futures côtoieront un jour pacifiquement leurs voisins juifs.


01/04/08 - 18:00

L’objet de mon inquiétude… (1)

Ne t’ait-il jamais arrivé cher lecteur de ressentir parfois que tu vivais un évènement historique?
Et que cet évènement historique, tu étais le seul à en percevoir l’importance. Que peut-être tu étais en train de devenir le seul témoin vivant et impuissant de l’effondrement d’un pan de l’histoire d’un pays…
C’est le sentiment qui m’habite ces jours-ci et, cher lecteur, une fois n’est pas coutume, toi qui partage nombre de mes joies et de mes émerveillements suscités par les choupinous, permets moi de te livrer ici l’objet de mon inquiétude.

Je vous parle d’un temps que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaître… Beyrouth en ce temps là (avant le déclenchement de ce que l’on appelle la Guerre du Liban), accueillait dans son sein grouillant, un petit quartier juif. Au cœur du vieux souk, assemblées autour de leur synagogue, quelques familles juives excellaient dans le commerce du tissu en bonne intelligence avec les tailleurs chrétiens et musulmans de la capitale. Libanais depuis plusieurs générations, ces juifs étaient, d’après les témoins encore vivants de cette période, des acteurs dynamiques de la vie économique, culturelle et politique du pays.
Aujourd’hui, il ne resterait à Beyrouth que 500 crypto juifs. Beaucoup de familles, au cours de la guerre ont fuit le Liban ou se sont convertis au christianisme. De la présence juive au Liban, hormis les dégâts et le souvenir des invasions de l’armée israélienne, il ne reste qu’un vestige en péril. Il s’agit de la synagogue de Beyrouth.

21/03/2008

21/03/08 - 14:58

Joindre l’agréable à l’utile…

Vivre au Moyen orient, c’est exotique !
Le son des cloches des églises qui se mêle à l’appel à la prière du muezzin, c’est dépaysant.
Se baigner dans la grande bleue le premier week-end de Mars, c’est hallucinant…
Devoir fuir le Liban parce que votre visa, expiré depuis 24heures, fait de vous un clandestin passible de 3 mois de prison, c’est vraiment pas marrant !

C’est pourtant ce qui s’est passé lundi dernier…
Il est 17h, quand je suis convoqué par le directeur administratif de la boite. Il m’informe que, suite á un coup de fil des avocats de mon boss, pour ne pas gêner le processus de ma régularisation, je dois quitter le pays dans l’heure.
Tu sais cher lecteur que je déteste les voyages…plus encore quand ceux-ci sont improvisés. Cette annonce m’a retourné les sangs.
Le temps de passer a la maison, de jeter deux trois affaires dans un sac et vers 19h, je me retrouve dans un taxi sur la tumul-tueuse route de Beyrouth-Damas.
Tant bien que mal, contre monnaie sonnante et trébuchante, les soldats de la frontière libanaise me laisse passer pour rentrer en Syrie. Il est près de 23h quand je pose enfin mon sac au pied du lit (spartiate) de ma chambre d’hôtel (bon marché) de Damas.

Au matin, je suis réveillé par le bruit des klaxons du trafic de la capitale. Je traîne un peu au lit. Prends une douche dans le réduit, à l’hygiène douteuse, qui fait office de salle de bain puis tente d’échafauder un plan pour la journée.
Depuis le temps que je viens régulièrement dans la capitale syrienne, je connais chaque coin et recoin du grand souk, je pense avoir vu toutes les madrassi répertoriées dans les guides, arpenté toutes les ruelles du quartier de bab Touma…

Je décide alors en tant que membre actif du CPC (Comité de Protection des Choupinous) correspondant pour le Moyen orient, que mon séjour sera consacré à une enquête sur les conditions de vie du choupinous syrien.
Par souci d’exhaustivité, je me rends tout d'abord dans la « city »de Damas. Ici, la population choupinesque est cosmopolite. Le spécimen local est très facile à repérer. Contrairement à son voisin libanais, le syrien a le teint hâlé, le cheveux noir de jais, un faciès aux traits sans charme, le corps camouflé sous des vêtements qu’on dirait issus de la collection printemps-été Vert Baudet 1983. Enfin détail important, le syrien porte, dans 90% des cas, la moustache…rien de très ragoûtant !
Je suis bien ennuyé de ce dernier constat… Me voilà poussé dans mes retranchements ! Les choses ont été clairement définies depuis des lustres par le politburo du CPC, placé sous le haut patronage de Nico-du-Nico-blog, le choupinou, pour bénéficier de toute l’attention des membres du Comité le choupinou doit remplir des critères anthropométriques très précis. Nos statuts stipulent clairement que « le choupinou du fait de son jeune age, est dépourvu de le plus souvent de poils ou alors possède un système pileux pré-pubère ».




Ma conscience de CPCiste me pousse alors à poursuivre mon investigation. Je me dirige vers les quartiers populaires de la ville. Nous sommes en fin de matinée, le soleil est déjà haut dans le ciel et assez chaud. Sur une place quelques garçons tuent le temps sur un banc public en sirotant un verre de thé. Je sors un livre de ma poche et commence discrètement ma seconde phase d’observation. A quelques mètres de moi, un jeune homme est assis sur une petite colonne en béton. Ses pectoraux et abdominaux sont bien mis en valeur par son t-shirt blanc. Ses yeux sont un peu tristes et sa coupe de cheveux est vraiment ratée. Ce cas mériterait une prise en charge a 100% du CPC. Nous échangeons quelques regards discrets. Puis ceux-ci se font plus insistants… je suis en terrain peu sûr. Je décide de ne pas daller plus loin, pas envie de finir au commissariat pour incitation a la débauche.
Je poursuis consciencieusement ma lecture…

François, un ami français qui travaille en Syrie depuis 2 ans, a proposé qu’on se retrouve vers 19h devant l’entrée principale de la Mosquée des Omeyyades. Il est très en retard. La place est pleine de badauds. Je m'assois sur une marche. Après quelques minutes, 3 jeunes garçons viennent s'asseoir à coté de moi. Du coin de l'oeil, j’observe mon voisin. Son visage est fin, fraîchement rasé. Sur sa tête un bonnet en coton fin noir. Il parle peu avec ses amis. Son attention semble ailleurs. Je le vois qui m’observe du coin de l'oeil. Je ferme un instant les yeux. Dans un demi sommeil, mon imagination se fait galopante. Nos corps alanguis…
Quand j’ouvre a nouveau les yeux, ils sont déjà partis. Bras dessus, bras dessous, sans qu’on puisse songer à quelque ambiguïté, ils éloignent à grand bruit.

Roux aux yeux foncés, bruns aux yeux clairs, le choupinou syrien n’entre dans aucune des cases habituelles de nos standards. Farouche et bourru, son atout majeur c’est son authenticité… et c’est peut être bien pour ça qu’on l’aime !